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Moustiques : Attention aux produits répulsifs

mardi 11 août 2009, par Etienne

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Un produit répulsif contre les moustiques alimente les débats suite à la publication de nouveaux résultats scientifiques [1]. Son nom : le N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide ou DEET.

Dans une intervention sur le JT de RTL-TVI ce vendredi 7 aout, le Professeur Bernard de l’UCL prônait de remplacer les substances contenant le répulsif en question par d’autres substances insecticides à base de perméthrine [2]. « On peut se poser la question de l’utilité de ces substances lorsque les résultats de 30 années d’étude épidémiologiques montrent que plusieurs cancers infantiles [3] sont associés à l’exposition aux pesticides agricoles et ménagers » selon Marie-Louise Van Hammée du Pesticides Action Network Belgium asbl.

Bien sûr, il y a des personnes allergiques et puis ce vrombissement infernal qui transforme nos douces nuits d’été en partie de chasse au coussin. Est-il nécessaire pour autant de passer à la guerre chimique ?
La réponse est non !
Personnellement, je ne peux pas dormir tranquille dès que les premières notes vibrantes se font entendre. J’ai donc opté pour la bonne veille méthode : la moustiquaire. Les fenêtres ne le permettant pas, j’ai choisi un modèle en toit qui se déploie autour d’une fixation centrale au plafond, mais d’autres modèles existent.
Fini les piqûres et les enfants adorent leur chambre transformée en camp indien. On trouve ces produits sur le net et dans les magasins de fournitures de camping. Attention toutefois, demandez toujours au détaillant la preuve que la toile, synthétique ou coton, n’a pas été traitée… par un insecticide…
Nous ne sommes pas en Afrique que diable.

Pour en savoir plus :
- Pesticides.be
- Je peux éviter d’utiliser des pesticides à la maison !, Espace Environnement, Charleroi, 2003, 4 p., (série La Santé et l’Habitat, n°2).

Portfolio

Notes

[1] Retrouvez sur Internet l’article de Sabine Casalonga dans le Journal de l’environnement.

Un répulsif anti-moustique aurait un effet neurotoxique

Une équipe internationale menée par des chercheurs français a démontré un effet neurotoxique in vitro de la principale substance employée dans les répulsifs contre les insectes, dans une étude publié mardi 5 août.

Le N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide (DEET), découvert en 1953, est la substance active la plus utilisée dans les répulsifs contre les insectes, notamment les moustiques. Près de 200 millions de personnes utilisent du DEET chaque année et plus de 8 milliards de doses ont été employées depuis 50 ans, selon les auteurs de l’étude.

Son mode d’action demeurait pourtant mal connu. En tant que répulsif, il est censé uniquement repousser les insectes en influant par exemple sur leur système olfactif. Or, Vincent Corbel de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Montpellier a montré que le DEET pouvait également avoir un effet toxique, induisant la mort des moustiques.

L’équipe de Bruno Lapied de l’université d’Angers a ensuite démontré que le DEET inhibait une enzyme clé du système nerveux central, l’acétylcholinestérase, dans des tests in vitro sur des cellules d’insectes et de mammifères. « Ce mode d’action similaire à celui des insecticides organophosphorés et des carbamates [aujourd’hui interdits pour la plupart en Europe] démontre l’effet neurotoxique du DEET », explique Bruno Lapied.

Le DEET renforcerait en outre la toxicité d’autres insecticides anti-acétylcholinestérases avec lesquels il peut être utilisé en combinaison. Des études antérieures ont d’ailleurs suggéré qu’un tel cocktail, alliant le DEET et un antidote contre les gaz toxiques, serait à l’origine du syndrome de la Guerre du Golfe se traduisant par des symptômes allant des maux de tête au cancer du cerveau chez de nombreux vétérans.

Ces résultats suggèrent un effet neurotoxique potentiel aussi pour l’homme. Une batterie de tests toxicologiques permettra de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse.

« Nos résultats suggèrent que le DEET ne peut plus être considéré comme un répulsif simple. Il faudra revoir sa classification -comme insecticide par exemple - afin d’élargir la batterie de tests imposés », souligne Bruno Lapied. Aujourd’hui, le DEET est encadré par la directive européenne sur les cosmétiques qui impose des tests limités.

« Evidence for inhibition of cholinesterases in insect and mammalian nervous systems by the insect repellent deet”, Vincent Corbel et al. Biomed Central Biology, vol.7, n° 47 (5 août 2009).

[2] La perméthrine fait partie des pyrèthrinoïdes reconnus comme perturbateurs endocriniens et cancérigènes possibles pour l’homme.

[3] Les pesticides en général sont considérés comme cancérigènes principalement pour le fœtus chez les femmes enceintes et les enfants.