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Les phtalates en question

jeudi 8 mars 2012, par Etienne

La question portait sur la nocivité des assouplissants des matières plastiques de type phtalates.

Les phtalates sont de très nombreuses substances utilisées principalement dans l’industrie du plastique. On se rend compte avec le temps qu’ils ont un impact sur la santé. Attention, ils n’ont pas tous les mêmes effets sur la santé et n’agissent pas de la même façon, ce qui rend les études complexes, donc longues et cûteuses (et plus précisément certaines molécules comme le DEHP et le DINP dont la réglementation s’est renforcée)

Néanmoins, on reconnait généralement qu’ils sont :
- Toxiques pour le foetus, pour la reproduction et le développement ;
- Une exposition au stade foetal et de la petite enfance peut entraîner une non descente des testicules chez le petit garçon, une réduction des la fertilité masculine et féminine ou de stérilité, ainsi qu’un développement prématuré des seins chez la petite fille. Ils piratent donc les systèmes en imitant les hormones féminines, les oestrogènes et bloquent les opérations des hormones mâles. Quand on connaît l’importance des hormones pendant le développement des enfants…
- Toxique pour le foie

On en rencontre dans tous les plastifiants du PVC : jouets (voir modalités de la Directive européenne 2004/73/CE ? JOL 152), rideaux de douche, revêtements de sol et de murs, bottes de pluie, imperméables, sac en simili-cuir, semelles de chaussures, câbles de fils électriques, solvants et fixateurs dans les produits cosmétiques et les parfums (on en a retrouvé, avec d’autres polluants dans le lait maternel et le cordon ombilical), etc. (la liste est longue).

Pour s’en protéger, on peut par exemple éviter les impressions textiles plastifiées. Certaines enseignes se sont engagées à utiliser moins de phtalates.
On est aussi exposé aux phtalates par l’alimentation et il est plus difficile de se protéger mais on peut les limiter en :
- Evitant les produits préemballés
- Achetant les produits en vrac ou à la découpe
- Stockant les produits dans des sacs en papier à la maison, des bocaux en verre, des cloches à fromage, …

Attention aux hochets et aux anneaux de dentition (il existe des marques sans phtalates comme par exemple : Liliputiens)

Ils sont reconnus comme relativement persistants en particulier dans les sols et les sédiments.
Une exposition directe et continue contribue sans aucun doute à leur présence dans les organismes. Même s’ils apprécient les graisses, il ne s’y accumulent pas, contrairement aux produits organiques persistants (POP). Comme le Bisphénol A, ils sont rapidement métabolisé et éliminé par le corps, en 12 heures en moyenne.
Si certains présentent donc des phénomènes de bioaccumulation, d’autres présentent aussi des effets néfastes pour la santé humaine en tant que tels mais aussi leurs métabolites et les produits résultant de leur dégradation.

Certains phtalates sont maintenant reconnus comme toxiques pour la reproduction catégorie 2 (substances et préparations pour lesquelles il existe une forte présomption que l’exposition de l’homme à de telles substances et préparations peut provoquer ou augmenter la fréquence d’apparition des effets sur la reproduction). Les réglementations sont plus strictes pour ceux-là mais on les retrouve encore parfois d’autres à l’état de traces, de résidus. Ce qui est préoccupant puisqu’en matière d’hormones, ce n’est pas nécessairement la quantité qui fait le danger, c’est une exposition au mauvais moment dans le développement.

Petite remarque scientifique, ce sont des faisceaux de supposition car scientifiquement, il reste difficile de prouver formellement que les phtalates sont nocifs pour l’homme. Les expériences sont réalisées sur des animaux (fiabilité du sujet animal par rapport à l’homme) et les études épidémiologiques sont complexes, coûteuses et souvent soumises à controverse.
Cependant je pense qu’il est de la conscience citoyenne de veiller à limiter son exposition et d’attirer l’attention des consommateurs sur les effets des substances chimiques comme les phtalates.
Je vous invite à consulter notre fiche Santé-Habitat : "Je peux réduire mon exposition aux substances chimiques !"

Ces informations sont tirées des ouvrages :
Polluants chimiques, enfants en danger de Anne-Corinne ZImmer Les éditions de l’Atelier, 2007 isbn : 978-2-7082-3952-4

La Grande invasion de Stéphane Horel Editions du Moment isbn : 978-2-35417-011-0

Le guide de l’habitat sain de Pierre et Suzanne Déoux Medieco Editions isbn : 99920-1-399-0

1 Message

  • Les phtalates en question Le 18 juillet 2012 à 20:41 , par Mcewin

    Sur un site si bien fait les posts comme celui-là doivent être rapidement ajouté à vos marque page.

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