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Enfants et perturbateurs endocriniens

vendredi 27 novembre 2009, par Etienne

Lu sur le portail Environnement-Santé de la Fédération Inter Environnement Wallonie (25/11/2009 et 26/11/2009).

L’agence Danoise de protection de l’environnement vient de publier une étude ayant pour objectif d’évaluer l’exposition totale d’un enfant de deux ans à différentes substances chimiques sur une journée et quantifier les risques qui en découlent pour leur santé.

A l’heure où aucune analyse systématique n’est réalisée pour évaluer l’ampleur et l’impact de notre exposition combinée à différentes substances chimiques, cette étude fait figure de révolution.

Tant les produits alimentaires que les produits de consommation courante, comme les jouets, ont été abordés, alors qu’une quinzaine de substances étaient recherchées. Parmi elles : le DEHP [1], divers PCBs [2] et paraben [3] et le Bisphénol A [4].

Trois conclusions ont été tirées par les auteurs de l’étude :
- un faible nombre d’expositions à de hautes teneurs de perturbateur endocrinien peut résulter en un risque critique pour les enfants de deux ans
- les quantités absorbées par ces enfants, en particuliers pour certains phtalates et dioxines, le sont majoritairement via l’alimentation, l’air intérieur et les poussières et représentent un risque de perturbation du système hormonal
- les quantités de paraben absorbées proviennent majoritairement des produits cosmétiques (lotions solaires par exemple) et représentent également un risque de perturbation de leur système hormonal.

Par ailleurs, il est nécessaire de réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens tant via l’air, l’alimentation que les autres catégories de produit examinées : cosmétiques, jouets, vêtements, etc.

En savoir plus : IEW : Enfants et Perturbateurs endocriniens, ainsi que Alerte les bébés !

[1] Le DEHP est un phtalate, une substance assouplissant les matières plastiques. Il est présent dans de nombreux matériaux de construction en PVC tels que les revêtements de sol. Le DEHP est également utilisé, entre autres, dans des parfums ainsi que dans des produits en PVC flexibles tels que rideaux de douche, tuyaux d’arrosage, couches culottes, films et récipients plastiques pour conserver les aliments, sacs de sang, cathéters, gants et autres matériels médicaux comme des tubes pour fluides. De nos jours, le DEHP est interdit dans tous les jouets et les articles de puériculture destinés aux enfants (voir la directive européenne 2005/84/EC ). L’utilisation de cette substance est également prohibée dans les cosmétiques dans la mesure où elle est considérée comme cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction (substance CMR). (Voir la directive européenne sur les cosmétique). Source : GreenFacts

[2] Les polychlorobiohényles (PCBs) sont reconnus comme polluants organiques persistants (POP) et repris dans la liste de la Convention de Stockholm (2001). Ce sont des molécules définies par les propriétés suivantes :
- Toxicité : elles présentent un ou plusieurs impacts nuisibles prouvés sur la santé humaine et l’environnement.
- Persistance dans l’environnement : ce sont des molécules qui résistent aux dégradations biologiques naturelles.
- Bioaccumulation : les molécules s’accumulent dans les tissus vivants et les concentrations augmentent le long de la chaîne alimentaire.
- Transport longue distance : de par leurs propriétés de persistance et de bioaccumulation, ces molécules ont tendance à se "déplacer" sur de très longues distances et se déposer loin des lieux d’émission.

[3] Les parabens sont des conservateurs couramment utilisés dans les produits cosmétiques. Ce sont leurs propriétés de traverser la peau et de ressembler chimiquement à des hormones qui posent le problème de leur toxicité. On les suspecte de perturber la fertilité humaine et de favoriser l’apparition de cancer. Il n’y a pas de consensus scientifique sur la question et des études sont en cours. Néanmoins, en application du principe de précaution, la prudence est de rigueur et il est conseillé de veiller à choisir des produits cosmétiques sans conservateurs (voir aussi le guide Cosmétox de Greenpeace )

[4] Le Bisphénol A est présent dans certains polymères plastiques comme le polycarbonate. Il est reconnu comme perturbateur hormonal et a fait la Une de la presse pour sa présence dans les liquides contenus dans les biberons en polycarbonate. Il pourrait induire d’autres dysfonctionnements de certains organes comme le pancréas. A ce titre, il est important dans la mesure du possible de proposer des biberons en verre aux nourrissons et de ne proposer que des boissons froides dans les biberons en plastiques, ainsi que de veiller à ce que les liquides soient consommés le plus rapidement possible.

Notes

[1] Le DEHP est un phtalate, une substance assouplissant les matières plastiques. Il est présent dans de nombreux matériaux de construction en PVC tels que les revêtements de sol. Le DEHP est également utilisé, entre autres, dans des parfums ainsi que dans des produits en PVC flexibles tels que rideaux de douche, tuyaux d’arrosage, couches culottes, films et récipients plastiques pour conserver les aliments, sacs de sang, cathéters, gants et autres matériels médicaux comme des tubes pour fluides. De nos jours, le DEHP est interdit dans tous les jouets et les articles de puériculture destinés aux enfants (voir la directive européenne 2005/84/EC ). L’utilisation de cette substance est également prohibée dans les cosmétiques dans la mesure où elle est considérée comme cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction (substance CMR). (Voir la directive européenne sur les cosmétique). Source : GreenFacts

[2] Les polychlorobiohényles (PCBs) sont reconnus comme polluants organiques persistants (POP) et repris dans la liste de la Convention de Stockholm (2001). Ce sont des molécules définies par les propriétés suivantes :
- Toxicité : elles présentent un ou plusieurs impacts nuisibles prouvés sur la santé humaine et l’environnement.
- Persistance dans l’environnement : ce sont des molécules qui résistent aux dégradations biologiques naturelles.
- Bioaccumulation : les molécules s’accumulent dans les tissus vivants et les concentrations augmentent le long de la chaîne alimentaire.
- Transport longue distance : de par leurs propriétés de persistance et de bioaccumulation, ces molécules ont tendance à se "déplacer" sur de très longues distances et se déposer loin des lieux d’émission.

[3] Les parabens sont des conservateurs couramment utilisés dans les produits cosmétiques. Ce sont leurs propriétés de traverser la peau et de ressembler chimiquement à des hormones qui posent le problème de leur toxicité. On les suspecte de perturber la fertilité humaine et de favoriser l’apparition de cancer. Il n’y a pas de consensus scientifique sur la question et des études sont en cours. Néanmoins, en application du principe de précaution, la prudence est de rigueur et il est conseillé de veiller à choisir des produits cosmétiques sans conservateurs (voir aussi le guide Cosmétox de Greenpeace )

[4] Le Bisphénol A est présent dans certains polymères plastiques comme le polycarbonate. Il est reconnu comme perturbateur hormonal et a fait la Une de la presse pour sa présence dans les liquides contenus dans les biberons en polycarbonate. Il pourrait induire d’autres dysfonctionnements de certains organes comme le pancréas. A ce titre, il est important dans la mesure du possible de proposer des biberons en verre aux nourrissons et de ne proposer que des boissons froides dans les biberons en plastiques, ainsi que de veiller à ce que les liquides soient consommés le plus rapidement possible.